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mercredi 15 avril 2009

Retour à Chengdu

  Il n'y a pas à dire, le Sichuan est vraiment une région agréable.
Ce week-end fut donc l'occasion de retrouver l'ami David et à profiter de la douce ville de Chengdu.
Autant le dire, nous ne fûmes pas particulièrement actifs durant ces deux jours.


Près du système d'irrigation de DuJiangYan
  Repos, piscine, massages et tasses de thé bues le long de la rivière constituèrent notre ordinaire.
J’ignore pourquoi (l’air humide, la placidité des habitants), mais nous ressentions un calme rare – ce qui explique sans doute également la réputation ‘paresseuse’ de la ville. A vrai dire, nous nous comportâmes presque comme des pandas : manger, un semblant d’effort, dormir, etc.

Dave qui a repris des couleurs
  Un (court) après-midi passé dans l’une des multiples maisons de thé du Parc du Peuple, entre pièces d’eau et arbres en fleurs résumait parfaitement notre état d’esprit : déguster et apprécier le moment présent – Epicure aurait sans doute aimé le Sichuan : plaisir simple et délicieux.

Parc du Peuple
  D’autant que les filles de Chengdu étaient encore plus mignonnes que dans mon souvenir…

lundi 8 septembre 2008

Les salons de thé de Chengdu

Quelques souvenirs du Sichuan...

Chengdu est, avec Hangzhou, l'une des cités favorites des Chinois, connue pour sa douceur de vivre. Et rien ne résume mieux l'agréable impression de paresse qui plane sur la ville que les salons de thé.
Elles sont nombreuses à Chengdu, particulièrement appréciée des locaux comme des touristes. On s'y installe, on commande l'un des multiples thés disponible, et l'on passe l'après-midi ou la soirée à discuter, remplissant sa tasse d'eau chaude. Les feuilles sont en général de telles qualité que le goût du thé y est encore vivace après quelques heures.

Les loisirs y sont multiples. Mahjong bien sûr, cartes ou échecs également. En Il suffit en général de s'asseoir pour qu'un assistant vienne proposer massage ou nettoyage d'oreille.

La plupart de ces salons de thé proposent également des performances le soir: à la manière d'un music-hall, bon nombres d'artistes défilent sur la scène: chanteuses, danseuses, acrobates, marionnettistes, etc.

Danseuse dans une maison de thé

Le clou des spectacles est cependant bien différent: il s'agit de danseurs masculins, au visage recouvert d'un masque, dont le masque change à toute vitesse sans que nul ne puisse deviner comment ils opèrent (leur 'secret' reste l'un des mieux gardé de Chine). On voit ainsi, pendant cinq à dix minutes, une trentaine de visages différents apparaître à la vitesse de l'éclair. Réellement impressionnant.

jeudi 19 juin 2008

Mahjong

Je suis depuis peu l'heureux propriétaire d'un jeu de Mahjong. Et j'espère bien en profiter avec la horde française qui s'ébat actuellement dans le Yunnan et qui atterrira à Beijing la semaine prochaine.

Je suis sûr que vous avez déjà tous vu un jeu de Mahjong sur ordinateur. Et je suis à peu près sûr qu'à de rares exceptions, vous n'en avez jamais vu une véritable partie.

Mahjong (麻將) signifie Moineau... mais ne me demandez pas l'origine du nom. Certain pensent qu'il fut conçu par Confucius. Néanmoins, l'absence de référence à ce jeu jusqu'au XIXème siècle laisse à croire qu'il s'agit d'une création beaucoup plus récente.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il ne s'agit aucunement d'un jeu 'noble', bien au contraire. C'est un jeu pour le peuple, et s'y adonner est souvent signe de vice.

Chengdu est notamment particulièrement renommée pour ses maisons de thé où les jeux de Mahjong sont accessibles à tous. Je me rappelle notamment de la gare routière, à l'étage de laquelle se trouvait une maison de thé très populaire, vu l'endroit. Bon nombres de voyageurs s'asseyaient à une table avec des inconnus et commençaient de longues parties, où les billets de cents kuai changeaient souvent de main.

Mon jeu de Mahjong

En fait, le Mahjong est si populaire que, la nuit suivant le tremblement de terre dans le Sichuan, les gens qui n'osaient pas retourner chez eux passaient la nuit dans la rue à jouer.

Le jeu lui-même pourrait être considéré comme un savant mélange de Dominos, de Poker et de Uno. On y joue avec des tuiles (comme les dominos), qu'il faut assembler en combinaison (comme au poker) tout en faisant preuve de rapidité pour saisir les tuiles laissées par d'autres joueurs (chacun se jetant parfois sauvagement sur les tuiles abandonnées) et en précisant qu'il ne nous reste plus qu'une tuile avant de gagner - à l'image du Uno.

J'aurais du mal à décrire aisément les règles, je conseillerai donc aux personnes vraiment intéressées de se rendre sur Wikipédia dont l'article sur le sujet est particulièrement bien fait.

dimanche 4 mai 2008

Jardins Chinois

Donc, après avoir exprimé toute ma joie de vivre après avoir passé un dimanche au boulot, je peux commencer à parler de sujets nettement plus intéressants.

Par exemple les jardins chinois.

Jardin du Modeste Administrateur (Suzhou)

Pour les apprécier, il vaut mieux oublier toute notion occidentale de ce que peut être un beau jardin. Oubliez Versailles, Vaux-le-Vicomte ou Schönbrunn: les jardins chinois sont conçus par et pour des lettrés, et non pour des nobles soucieux d'impressionner leurs visiteurs. Ainsi, le Jardin du Modeste Administrateur (ci-dessus) fut-il créé pour être un lieu de recueillement et de repentance par un lettré exilé pour corruption.

Chaumière de Du Fu (Chengdu)

En fait, le but d'un jardin chinois est de reproduire une nature harmonieuse dans un espace réduit. Il existe bon nombres de règles nécessaires à l'aménagement d'un jardin. Ainsi, chaque jardin doit contenir à la fois des arbres, des plantes, des plans d'eau, des rochers aux formes évocatrices, des pavillons, des murs percés d'élégantes fenêtres, etc.

Jardin de la Cité Interdite (Beijing)

L'asymétrie est également extrêmement importante, ce qui nous mène bien loin de la conception occidentale des jardins, qui visent plutôt à créer une nature géométriquement et esthétiquement parfaite. On pourrait presque dire qu'on retrouve dans ces deux types de jardins l'opposition entre les systèmes de philosophie occidentaux et orientaux: l'idée platonicienne d'un monde parfait dont la nature ne serait qu'un reflet et que l'on tente de retrouver dans des jardins qui sont taillés à la perfection, et une conception taoïste du monde dans laquelle l'homme doit tenter de s'intégrer au monde extérieur.

Montagne artificielle dans le Jardin de la Forêt du Lion (Suzhou)

Une autre caractéristique très intéressante des jardins chinois est l'idée que la perspective que l'on a du jardin doit être différente si l'on se déplace un petit peu: on découvre le jardin et toute son harmonie en le parcourant, et il n'y a aucun endroit permettant d'en avoir une vision d'ensemble. Et cela est vrai même dans les plus petits jardins, comme celui du Maître des Filets à Suzhou (500 mètres carrés...) Rochers, arbres, murs et pavillons sont utilisés pour bloquer la vue et permettre au visiteur d'apprécier une différente perspective à mesure qu'il découvre le jardin. Là encore, nous sommes très loin de Versailles, où de grandes parties du jardin peuvent être englobées d'un coup d'oeil. Comme le disait une collègue chinoise à son retour de France: 'Mais quel est l'intérêt du parc de Versailles? On peut tout voir dès l'entrée du château...'

Fenêtres du Jardin Liu (Suzhou)

vendredi 2 mai 2008

Wu Zetian

En attendant le petit tour dans les environs que je compte faire demain, je vais vous parler d'une charmante damoiselle, Wu Zetian.

Ne commencez surtout pas à vous poser des questions existencielles sur mes amours chinoises, la damoiselle en question vivait au temps des Tang (c'est à dire il y a quelques 1300 ans, ce qui ne nous rajeunit pas, loin de là). Et autant dire qu'elle fut un mélange d'Elizabeth 1ère (celle qui fit trancher la tête de Marie Stuard) et de Lucrèce Borgia. Une réputation d'infamie unique dans l'histoire de Chine, pourtant riche à ce sujet.

J'ai eu l'occasion d'en apprendre un peu plus sur sa vie lors de mon voyage dans le Sichuan quand nous nous sommes retrouvés à Guangyuan, au bout de la route de Shu, à l'intersection du Sichuan, du Shaanxi et du Gansu.

Guangyuan fait partie de ces nombreuses villes chinoises dont on ne connaît que le rôle économique. C'était aussi l'arrivée de la route de Shu, et nous étions donc en attente d'un bus pour revenir à Chengdu. Autant dire qu'on avait une après-midi à tuer. Or Guangyuan est surtout connu pour être la ville natale de Wu Zetian, et un temple lui est donc consacré.

Fille d'un proche de l'empereur Gaozu, premier empereur Tang, elle devint rapidement une des concubines de Taizong, réputé pour avoir été le plus grand empereur de la dynastie Tang. En fait, on considère même ce dernier comme le meilleur empereur chinois, et l'étude de son règne était au programme de tous les héritiers aux cours des dynasties suivantes, qu'ils soient Han (sous les Song, les Ming, et toutes les petites dynasties qui ont pu se disputer le pouvoir pendant les périodes de conflit) ou Mandchous (sous les Qing).

Wu Zetian et Gaozong

A la mort de Taizong, son fils Gaozong lui succéda. Il était déjà marié, et avait comme tout empereur une palanquée de concubines (tout cela était d'ailleurs très institutionnalisé - j'y reviendrais un autre jour). Wu Zetian ayant été une concubine du précédent empereur, et n'ayant pas eu d'enfant, elle était condamnée (suivant la tradition) à devenir nonne bouddhiste - les chrétiens n'étaient pas les seuls à vouloir envoyer les veuves au couvent.

Mais c'était une intrigante de première et, s'immisçant dans la lutte d'influence entre l'épouse de Gaizong et sa première concubine, elle parvient à rester à la cour. Sa sensualité lui valut de devenir très rapidement la favorite de l'empereur, dont elle eut bientôt un fils. Ce dernier mourut, très vraisemblablement à son instigation, et l'impératrice fut pour cela destituéee, puis remplacée par Wu Zetian. Ca vous pose tout de suite le personnage.

Elle prit par la suite peu à peu le pouvoir des mains de son mari, et on considère généralement qu'elle était l'unique dirigeante à la fin du règne de celui-ci. Et les historiens chinois, qui ont le plus souvent beaucoup de mépris pour elle, reconnaissent qu'elle fut une impératrice avisée.
Pendant tout ce temps, elle prit aussi garde à éliminer toute opposition, qu'il s'agisse des conseillers de son époux, des rivales potentielles, ou de la progéniture de ceux qu'elle avait fait exécuter. On retrouve aussi parmi ses victimes deux autres de ses fils qui tentaient de faire preuve d'indépendance à son égard.

Temple de Wu Zetian à Guangyuan

A la mort de son mari, l'un de ses fils, suffisamment docile pour n'être ni exécuté ni exilé, fut couronné empereur, et devint une marionnette dirigée par sa mère. A la mort de ce fils, Wu Zetian se couronna elle-même impératrice, fondant sa dynastie connue sous le nom de Zhou (en référence à l'une des toutes premières dynasties chinoises).

Elle fut ainsi la seule femme de l'histoire de la Chine à porter le titre d'Impératrice Régnante (Cixi, la mère du dernier empereur, régna aussi en temps qu'impératrice, mais ne fut jamais couronnée impératrice régnante). Elle transféra notamment la capitale de Chang'an (maintenant connu sous le nom de Xi'An) à Luoyang. Sa police secrète fit notamment régner la terreur parmi tous ceux qui ne se pliaient pas aveuglément à ses désirs.
Profondément bouddhiste, elle fut à l'origine d'une explosion de l'art bouddhiste à travers la Chine, notamment à Dengfeng, le Pic du Centre. D'autre part, son armée balaya certaines menaces pour l'Empire, notamment les kitans (tribu vivant dans le Nord-Est de la Chine, qui deviendra plus tard maître de Pékin et donnera à la Chine un nom qui perdurera des siècles... Cathay).

Bouddha de l'époque Tang

Elle fut finalement déposée par une conjuration, et l'un de ses fils (oui, elle en eut beaucoup) devint empereur et restaura la dynastie des Tang.

Selon les époques, son image fut diversement utilisée. L'histoire chinoise traditionnelle la dépeint comme une manipulatrice ambitieuse, dévoyée et sans scrupule, tout en reconnaissant ses talents de chef d'état. Mais elle fut également parfois utilisée par des femmes (comme l'épouse de Mao) qui désiraient prendre le pouvoir.

mercredi 30 avril 2008

Et pendant ce temps-là dans les montagnes

Il y a des moments où les traductions anglo-chinoises tournent au sublime. Témoin cette pancarte trouvée en plein milieu d'une montagne Sichuanaise (cliquez sur la photo pour le grand format):


Aucun de mes collègues ne put m'expliquer cette traduction pour le moins hasardeuse...

lundi 28 avril 2008

Souvenirs de la Montagne de la Cité Verte

Au doux temps du Nouvel An Chinois, peu de temps avant l'interruption brutale (mais heureusement temporaire) de ce blog, j'étais donc en vadrouille dans le Sichuan.
L'un de mes projets dans cette raison était d'aller passer une journée dans la réserve naturelle du Wolong, histoire d'observer les pandas en pleine nature. Petit trajet jusqu'à la gare routière, et nous voilà commençant la queue pour acheter nos billets de bus.
Et là, c'est le drame. Grosso modo, il n'y avait qu'un bus l'après-midi pour se rendre là-bas, et un le matin pour en revenir... ce qui voulait dire passer deux nuits sur place, sachant que (échos de touristes) le chauffage n'était pas ce qui se faisait de mieux dans les environs, et qu'il neigeait toujours sur le Sichuan à ce moment-là.

Le nounours que nous ne vîmes pas ce jour-là

En désespoir de cause, nous sommes allés à l'accueil histoire de trouver un plan de rechange pour la journée. La charmante damoiselle à l'accueil commence à nous parler de la montagne Qingcheng, dite 'de la Cité Verte', montrant plein de photos. Un coup d'oeil à mon guide bleu (mon routard n'ayant pas été retrouvé depuis l'excursion dans le Yunnan) pour apprendre qu'il s'agit de la retraite d'un fameux maître taoiste, fameuse pour ses décors enchanteurs, et nous voilà parti pour cette fameuse montagne.

Nous voilà prenant le bus, puis emmené directement en voiture jusqu'à un petit chemin de traverse... Toute personne qui a déjà été aux alentours d'une montagne chinoise sait que la première chose qui frappe l'oeil est le guichet. (oui, les randonnées en montagne sont payantes en Chine). Ici, de guichet, point, juste un guide qui nous conduit à un refuge pour nous restaurer, avant de commencer la ballade.

Début de l'ascension

Nous sommes en Chine, donc promenade en montagne signifie escalier (sauf dans le Yunnan où on trouve majoritairement des étrangers, et dans quelques autres lieux comme Yan Dang Shan où règnent plutôt les ascenseurs). Ce qui ne signifie pas que l'ascension se fait doucement, loin de là. Au début du trajet, deux hommes avec une chaise à porteur nous proposait de nous faciliter la promenade. Nous avons aussi la mauvaise surprise de découvrir qu'il avait neigé de façon assez violente la nuit précédente... de mauvais augure pour l'arrivée au sommet.

A mi-chemin, nous atteignons un monastère taoïste, et prenons enfin le temps d'apprécier la vue. Pour tout dire, c'était magnifique. Les quelques photos que j'ai pu prendre ne peuvent pas rendre hommage à l'aspect enchanteur des pavillons recouverts de neige.


Au passage, nos guides nous laissèrent là, en nous indiquant qu'il nous fallait nous rendre à l'entrée officielle et appeler un numéro de téléphone une fois que nous y serons...

La suite de l'ascension fut parfois pénible. Certains sentiers longeant les précipices étaient recouverts de glace, ce qui n'est pas pour rassurer votre serviteur, plutôt sujet au vertige. Les paysages étaient pourtant somptueux, tout comme certains bâtiments:


Toute bonne chose ayant une faim, il a bien fallu descendre. Autant dire que ce ne fut pas une partie de plaisir: il y avait beaucoup de monde, et les sentiers étaient comme je le disais verglacé. Et voir quelqu'un glisser deux mètres devant moi sur une crête alors même qu'une horde de touristes se presse pour aller attraper son bus est une expérience traumatisante.


Au final, nous sommes tout de même arrivés sains et saufs. Le minibus qui nous attendait était dans un état assez lamentable, qui ne fit que s'empirer suite à une fausse manoeuvre impliquant un vrai bus...

Nous parvînmes tout de même à regagner Chengdu, en comprenant par la même occasion que nous avions fraudé... et que ce petit système nous avait été conseillé par le service d'information de la gare routière. Sans commentaire.

Au retour, nous nous vautrâmes dans la débauche culinaire dans le meilleur restaurant de la ville, histoire de nous remettre de nos émotions. Le boeuf que j'y dégustais reste le meilleur qu'il m'ait été donné de goûter depuis mon arrivée en Chine.

vendredi 25 avril 2008

Les Trois Royaumes

Comme je l'avais écrit au temps jadis, le Roman des Trois Royaumes fait partie des Quatre Romans Classiques chinois (à côté du Voyage vers l'Ouest, de Au Bord de l'Eau et du Rêve dans le Pavillon Rouge). Ecrit sous les Ming, il se base néanmoins sur les sources historiques chinoises de l'époque, romançant les évènements décrits (nous sommes loin d'une pure oeuvre d'imagination).

Les Trois Royaumes étaient donc Wei, au nord, dirigé par Cao-Cao, fils (adoptif) d'un eunuque de la dynastie précédente, Wu, à l'Est et Shu à l'Ouest (dans le Sichuan, donc). Shu est fondé par un obscur savetier du nom de Liu Bei, descendant d'un prince Han, la dynastie au pouvoir deux siècles plus tôt. Sachant que le prince en question a eu 120 enfants et qu'il n'était pas le seul, je vous laisse deviner le nombre de prétendants au trône en liberté à l'époque.
Le récit des batailles, ruses, amours et traîtrises serait bien trop long pour un seul billet. Disons juste que Liu Bei est vraiment le symbole du Bon Souverain, et que nombres de passages du Roman sont connus de tous les Chinois, à l'image de Roland brisant Durandal...

Cette histoire est évidemment d'une grande importance pour le Sichuan, et on trouve dans nombre de lieux de la province des références aux personnages ou évènements du roman.

Ainsi, l'un des principaux lieux touristiques de Chengdu s'avère-t-il être le Temple du Marquis de Wu, l'un des plus sages conseillers de Li Bai. On y trouve nombre de statues de personnages importants, et des pavillons consacrés au Roi, à ses principaux généraux et administrateurs, etc...

Effigie de Liu Bei

Temple du Marquis de Wu

Au nord du Sichuan, sur la route de Shu se trouve également la porte de Jian, qu'un des généraux de Liu Bei est censée avoir défendu seul contre plus de mille hommes... Histoire et mythes sont extrêmement liés en Chine.

Forêt des Stèle de la Porte de Jian

Forteresse de la porte de Jian

mercredi 20 février 2008

Sichuan, un peu d'histoire géo


Je sais, ce titre semble pour le moins rébarbatif. Mais ça permet d'avoir quelques idées sur l'intérêt de la Province.

Donc le Sichuan est une province de l'Ouest de la Chine. Certains la considèrent comme la dernière partie 'civilisée' (entendre Han) de la Chine. A l'Ouest se trouve le Tibet et au Nord les provinces dont la culture est très proche de l'Asie Centrale.

Oui, vous avez bien lu, à côté du Tibet. Autant dire qu'il n'y fait pas chaud en hiver, et qu'il y a encore à l'heure actuelle de nombreuses chutes de neige.

La province est presque entièrement enclavée dans les montagnes, avec très peu de voies d'accès vers l'Ouest, en-dehors du Yangzi. Pour donner une idée, les principales voies ferrées passent par les provinces du Nord pour rejoindre Shanghai (32 heures de trajet minimum pour un Chengdu-Shanghai en train). Ce trajet suit d'ailleurs l'ancienne route de Shu, alors unique moyen de communication des marchands avec le nord du pays.

Du point de vue historique, le Sichuan est connu sous le nom d'ancien royaume de Chu, particulièrement ancien puisqu'on a découvert non loin de Chengdu, à Sanxingdui, un site archéologique datant de l'âge du bronze. Pour l'anecdote, il existait jusqu'à l'année dernière encore un musée provincial accueillant nombre d'objets de cette époque... le musée a été détruit pour être remplacé par un centre commercial.

La culture de la soie y est très ancienne, et Chengdu, capitale de la province, fut longtemps connue sous le nom de 'Cité des Brocards'.

Pour terminer, ajoutons que le royaume de Shu fut aussi l'un des fameux 'Trois Royaumes' au IIIème siècle après Jésus-Christ, immortalisé dans l'un des Quatre Romans Classiques Chinois: Le Roman des Trois Royaumes.

Et pour finir, une petite photo de la Porte de Jian, le long de la route de Shu:


lundi 18 février 2008

Retour du Sichuan

Et me voilà enfin, après une bonne semaine d'absence et quelques menues péripéties, de retour à Shanghai.

Malgré quelques inquiétudes en raison du climat (un peu justifiées: le nord-ouest de la province était bloqué par la neige, et une partie des montagnes étaient inaccessibles aux touristes car trop risquées), tout s'est bien passé.

Il y avait de tout: des épices, des pandas, la trouille au coeur le long de parois verglacés, de jolies chinoises, des épices, des poètes, des hommages aux grands romans, un massacre systématique de l'anglais faisant passer le chenglish shanghaien pour du Shakespeare, des bouddhas, des moines taoistes et également quelques épices.

Le problème vient surtout du fait que, comme vous avez pu le remarquer à certains subtils détails, je suis parfois quelque peu feignant. Et je crains que toute tentative de relation chronologique de ce voyage termine de la même façon que pour le Yunnan... c'est à dire en attente un mois plus tard. Donc je vais plutôt distiller des anecdotes, et Dieu sait que j'en ai dans ma besace, ainsi que nombre de photos.

Première anecdote: pour une sombre histoire de portefeuille perdu (et finalement retrouvé au fond d'un sac...), nous nous sommes retrouvés au poste de police le plus proche. Les fonctionnaires locaux étaient de fort méchante humeur, et il y avait de quoi: depuis une heure et demi, un homme leur tenait le crachoir et voulaient absolument qu'ils interviennent pour... mettre fin à une aventure amoureuse de son enfant, 20 ans déjà. Certaines mentalités n'évoluent pas aussi vite que le reste de la Chine.

Et pour vous mettre en appétit, quelques photos:

Temple des chèves en bronze, à Chengdu

Grand Bouddha de Leshan

L'animal emblématique du Sichuan

Vue de la Falaise aux Mille Bouddhas, à Guangyuan

L'un des temples de la Montagne de la Cité Verte