vendredi 5 septembre 2008

Festival de la Lune

Dans quelques jours (le 13 septembre) aura lieu le festival de la Lune, parfois appelé 'Festival de la mi-automne'. Il a lieu chaque année au 15ème jour du 8ème mois lunaire, ce qui en fait en général la pleine lune la plus proche de l'équinoxe d'automne. On dit que la Lune est la plus belle à cette période.

Bon nombre de légendes sont associées à cette période, racontant les amours de Houyi (后羿), l'archer et de Chang'e (嫦娥). Selon l'une des plus populaires, Houyi et Chang'e vivaient originellement au palais de l'Empereur de Jade (un équivalent chinois de l'Olympe). Ils en furent bannis à la suite d'intrigues de cours, et furent exilés sur Terre.
A cette époque, il existait dix soleils. Et chaque jour, la mère des soleils faisait parcourir la planète à l'un d'entre eux. Mais vint un jour où les dix soleils firent ensemble le tour de la planète. La Terre fut dévastée, la vie brûlée et décimée. Alors l'empereur céleste demanda à Houyi d'abattre les soleils. Celui-ci prit son arc et détruisit neuf des dix soleils. Le climat fut de nouveau doux. Pour remercier l'archer émérite, l'empereur de jade mit fin à son exil. Il lui offrit une pilule permettant de voler jusqu'à son palais.
Houyi rapporta la pilule chez lui, et s'affala dans son lit, épuisé. Chang'e rentra alors à la maison, et vit la pilule. Elle l'avala et commença à s'élever dans les airs. Houyi, réveillé par ses cris, tenta alors de l'empêcher de s'envoler, mais en vain. Irrésistiblement, elle s'envolait seule dans les cieux. Elle s'arrêta au premier astre venu, car elle ne voulait pas quitter son époux. Elle est depuis devenue la déesse de la Lune.
Chaque année, Houyi tente de la rejoindre au 15ème jour du 8ème mois lunaire, et c'est pourquoi la Lune est si belle à ce moment-là.

Dans les faits, le festival de la Lune est célébrée dans toute l'asie orientale: Chine, Corée, Japon, Vietnam, etc. C'est notamment l'occasion de manger les gâteaux de lune, pâtisserie fourrées de viande, d'oeuf, etc, prisée par les Chinois bien plus que par les Occidentaux (pas vrai Mikee ?)

Gâteaux de la Lune

A Hangzhou, la fête de la Lune prend un tour particulier. Il y a sur le lac trois lanternes qui ne sont allumées qu'à cette occasion. Les habitants embarquent avec des torches sur le lac, et le reflet de la Lune, les torches des habitants ainsi que les lanternes forment paraît-il un spectacle unique.

lundi 1 septembre 2008

Journée paisible à Pékin

Comme je le disais précédemment, les JO sont finis et le calme semble revenir à Pékin. J'apprécie de plus en plus cette ville.
Hier fut une journée vraiment reposante. Certes, le réveil fut difficile pour cause d'abus conjugué de bière trappiste et de shots dévastateurs. Néanmoins, la vue des collines alentour tout en dégustant le café matinal m'a réellement mis de bonne humeur: le ciel bleu est une denrée rare pendant un été pékinois.

En conséquence, direction Qianmen (前门 pour les sinophones), ancienne rue de Pékin récemment reconstruite. Pour un occidental, la reconstruction prête à rire, tant cette rue semble artificielle: fausse ambiance XIXème siècle, et surtout une impression de centre commercial encore inachevé, rempli d'échoppes vides attendant preneur. La foule se presse dans les quelques lieux déjà occupés.

Qianmen, la porte donnant son nom au quartier

Foule attendant devant l'un des rares restaurants ouverts

Reconstitution de la première gare pékinoise (et chinoise d'ailleurs)

Trouver un restaurant valable dans les environs nécessita un peu de persévérance: personne ne semblait choqué dans les alentours par les restaurants proposant les dix dumplings à 56 yuans (les mêmes à cinq minutes de chez moi en valent 4... il y a de l'abus quelque part), mais j'ai tout de même préféré plonger dans des rues plus populaires.

Pour la suite des évènements, direction Zhongshan Park (中山公园). A peu près toutes les villes chinoises ont un jardin portant ce nom, en l'honneur de Sun Yan Sen. Dans le cas de Pékin, c'est un jardin juste en lisière de la cité interdite, accessible à tous, mais uniquement fréquenté par les pékinois... balade particulièrement reposante à l'intérieure, je l'avoue.




Quelques photos du parc Zhongshan

La fin de la journée fut consacrée à la remontée vers les lacs et la négociation avec les pousse-pousse, avant de trouver un petit joyau perdu à côté de Xihai (西海), le lac de l'Ouest pékinois. On y trouve notamment un pub particulièrement sympa, avec une jolie terrasse donnant sur le lac, un barbecue gratuit le dimanche soir et du pastis, denrée rare en ces lieux... tout pour passer une soirée paisible.

Houhai par un après-midi ensoleillé

vendredi 29 août 2008

Petite annonce

Dans quelques jours (13 septembre pour être précis), je serais de retour en France pour un mois. Le programme est encore flou, mais je serais à coup sûr sur Paris et sa région du 13 au 28, si d'aventure vous voulez me voir :)

mardi 19 août 2008

Di Renjie - Le juge Ti

Histoire d'oublier un peu les JO, je vais vous parler aujourd'hui d'un personnage qui connut deux destinées différentes, historique et littéraire: Di Renjie (狄仁傑).

Di Renjie était un lettré du début de la dynastie des Tang (pour situer tout cela, c'est par là...) Issue d'une famille d'officiels, il passa brillament les examens impériaux, et occupa des postes plus ou moins importants à travers tout l'empire. Il sera notamment plusieurs fois chancelier.
La maheure partie de sa carrière se déroula sous le règne de Wu Zetian. Sa fidélité, au-delà des cabales et autres intrigues politiques, est totale envers l'Empire. Ceci lui vaudra sa part d'exil et de calomnie, ainsi que le respect de tous sur ses vieux jours, alors qu'il est considéré comme la caution morale du régime.
Il recommandera avant sa mort la plupart des officiels qui renverseront Wu Zetian, et est à ce titre considéré comme l'un de ceux qui ont restauré la dynastie Tang.

Statue de Di Renjie à Guangyuan

Par la suite, au XVIIIème siècle, un anonyme publia un ouvrage nommé '狄公案', ce qui peut se traduire par 'Affaires du Juge Ti'. Ces trois nouvelles racontent des enquêtes policières résolues par un magistrat dont la personnalité et l'histoire sont basées sur celles de Di Renjie. Néanmoins, nombre de détails font plutôt référence à la vie sous les Ming que sous les Tang.

Couverture de 狄公案

Par la suite, au milieu du XXème siècle, un orientaliste autodidacte, Robert Van Gulik, découvre ce manuscrit et entreprend de le traduire. Le succès et le plaisir qu'il prit à cette aventure le pousseront à écrire lui-même d'autres aventures du Juge Ti, depuis ses débuts comme magistrat débutant au Nord-Est de la Chine jusqu'à son apogée à Chang'an et Guangzhou (Canton).

Couvertures d'une des aventures du Juge Ti écrite par Van Gulik

mardi 12 août 2008

Bien loin de l'agitation...

Les jours s'écoulent gentiment à Wangjing, loin de la frénésie olympique. Peu de choses à raconter finalement, sinon une expédition intéressante à la gare de Beijing: visiblement, toutes les hotesses sachant parler anglais ont été envoyées à l'aéroport, et la recherche de tickets pour Xi'an a forcé l'ami Chris à chercher le seul guichet pour étranger...

A part ça, comme vous avez pu le remarquer, j'ai remplacé le diaporama de Suzhou par celui du Palais d'Eté... Il faudra visiblement que je m'habitue à y aller tous les mois, car il s'agit d'un rituel obligé pour tout touriste s'invitant de par chez moi, tout comme le restaurant de canard laqué.

dimanche 10 août 2008

Week-end olympique

Visiblement, il faudra boire le calice des JO jusqu'à la lie...

En compagnie de l'ami Chris, de passage dans l'Empire du Milieu après une escale vénézuelienne, nous avons pris d'assaut les bars de Sanlitun pour assister aux retransmissions de la cérémonie d'ouverture: ambiance bon enfant, avec animation Corona, métissage en tout genre, et longues spéculations sur l'existence de contrées dont nous ignorions jusqu'au nom(notamment la tripotée d'îles des Caraïbes) et sur les subtilités de l'ordre alphabétique chinois.

Le lendemain fut surtout consacré à la visite de Pékin, au temple des Lamas (bouddhisme tibétain donc), aux rues avoisinantes sans oublier bien sûr les parties de dés à Houhai et l'inévitable canard laqué... accompagné de quelques spectacles traditionnels tels que marionnettes, musique, acrobaties et jeu de masque sichuanais.
Une exploration plus approfondie des environs nous a permis de découvrir l'un des bars les moins chers qu'il m'ait été donné de voir (le Gin Tonic à 10 yuans, moins de un euro, est précurseur de nombre de lendemains difficiles).

Ce matin, visite au palais d'Eté, des abords du Stade Olympique (un bordel innommable), et de mon lit (dans un état guère supérieur). Un rapide coup d'oeil à la liste des médailles françaises en rentrant a suffit à me convaincre que les prévisions de l'ami Bernard L. pour les JO semblaient aussi réalistes que celles de la dernière coupe du monde de rugby.

jeudi 7 août 2008

JO en approche

Le grand jour approche pour des milliers de Pékinois: cérémonie d'ouverture demain. De mon point de vue, cela signifie surtout que dans quinze jours, ce cirque sera terminé et que Pékin ressemblera plus à ville connue pour son histoire et ses habitants chaleureux qu'une vitrine pour touriste exprimant toute la crispation de la Chine. Drapeaux partout, vieillards en t-shirt JO (sponsorisé par une Yangjing, une marque de bière locale), policiers de plus en plus présents: plus le temps passe et moins je reconnais la Chine que j'ai pu apprécier au cours de l'année qui a pu s'écouler. Paradoxalement, peu de mes collègues semblent parler des JO... notamment parce qu'ils n'ont pas réussi à avoir de tickets.

Demain sera jour de congé: la circulation sera tellement surveillée à partir de 11h que bon nombre d'entreprises évitent de demander à leurs employés de venir dans des lieux dépourvus de transport en commun, où les navettes de retour ne sont pas garantie.

J'ignore si tous les efforts de ces derniers jours (circulation alternée imposée dans l'urgence, ouvertures de trois lignes de métro il y a quinze jours, interdiction - partielle - de chantiers, mise au repos des usines des provinces voisines) auront des effets sur la polution. A voir la brume opaque de ce matin, même si l'air est plus pur, le climat est toujours aussi intrinsèquement mauvais à Pékin au mois d'août.

Bref, quinze jours à supporter tout ce Barnum, et le calme devrait enfin revenir. J'avoue attendre avec impatience le moment où toute cette pression retombera, et où Pékin retrouvera l'authenticité qu'on m'a vanté et qui est l'une des grandes absentes de ces jours.

lundi 28 juillet 2008

Un après-midi au 798

Titre légèrement énigmatique, je le reconnais.

Le 798 est un ancien quartier industriel de Pékin, situé dans le Nord-Est de la ville (pour ceux qui veulent plus de précision, il s'agit d'une partie de Dashanzi, entre le quatrième et le cinquième périphérique, juste à l'est de mon cher quartier de Wangjing).

Ancienne usine transformée en galerie d'art...

...notamment les dortoirs

Les usines et entrepôts du coin appartenaient à l'industrie militaire, puis ont été progressivement occupés par des artistes locaux, se boboifiant gentiment. On y trouve maintenant bon nombre de galeries d'art contemporain, de librairies en tout genre, de cafés... l'ensemble est assez déroutant au premier abord, mais flâner au milieu des anciens entrepots pour y découvrir des perles en vaut la peine.





Très étrange peinture... On dirait à première vue une toile dans la plus pure tradition chinoise, avant de découvrir les matériaux...

jeudi 24 juillet 2008

Slayers! Revolution

Une fois n'est pas coutume (enfin, ça m'arrive tout de même parfois), je me sens l'envie de parler d'une de mes animes du moment: Slayers Revolution!

Un peu d'histoire tout de même: Slayers! est une série d'anime relativement ancienne (la première saison remonte à 1995, ce qui ne nous rajeunit pas) d'heroic-fantasy parodique. Les trois saisons, ainsi que la majeure partie des films et des OAV datent du précédent millénaire: j'apprécie toujours autant de les regarder, mais ils souffrent de la comparaison avec les productions contemporaines.

Slayers! raconte donc les aventures d'une jeune sorcière, chasseuse-de-prime(ça existe?)/pilleuse-de-trésor/destructrice-de-cité, au caractère bien trempé, à la moralité douteuse et à la puissance de feu équivalente à celle d'un Gandalf dans les grands jours. Accompagnée d'une floppée de compagnons haut-en-couleurs (Gourry Gabriev, caricature du guerrier ayant oublié d'attribuer des points en intelligence lors de la création du personnage, Amélia, princesse ayant grandi au milieu des contes de fée et voulant absolument apporter la justice au monde entier, etc.), elle parcourt la planète en quête de trésors et de festins, laissant souvent un sillon de ruines fumantes derrière elle. Accessoirement, il lui arrive aussi de sauver le monde lorsqu'elle y est obligée.

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Lina et Gourry en pleine action

La série doit son nom au sort préféré de Lina, le Dragon Slave, souvent utilisé à tort et à travers chaque fois que quelque chose (la paie ou tout commentaire sur la taille de sa poitrine) lui déplaît. La doubleuse, Megumi Hayashibara (connue notamment pour le rôle d'Ayanami Rei dans Evangelion et de Faye Valentine dans Cowboy Bebop), est particulièrement impressionnante.

Et la nouvelle saison vient donc de débuter. La patte graphique est la même, mais l'animation est nettement plus moderne: un vrai bonheur donc pour le fan qui n'espérait plus. L'histoire repends telle qu'elle avait été laissée à la fin de la troisième saison, mais il n'est pas nécessaire d'avoir vu les épisodes précédents pour l'apprécier. Au bout de trois épisodes, on reste encore dans l'introduction, qui se délecte joyeusement: l'humour est toujours présent, et les nouveaux personnages semblent particulièrement savoureux.


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mercredi 23 juillet 2008

En attendant de reprendre la plume

J'avoue que je passe suffisamment de temps en ce moment à regarder défiler les lignes de traces sur mon écran pour n'avoir qu'une envie modérée de me lancer dans de longues rédactions sur l'histoire chinoise, Beijing à l'approche des JO, etc.
Je préciserai quand même que Wangjing semble assez peu touché par la fièvre olympique... je n'ai même pas encore eu droit à ces merveilleux contrôles d'identité récurrents qui font le bonheur de David à Shanghai ou de nombres d'occidentaux vivant à Dongzhimen ou Guomao (quartiers de Beijing réputés pour être le havre de nombres d'étrangers).

En attendant, je vous invite à aller jeter un coup d'oeil sur les photos du Guangxi prises par David la semaine passée.
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jeudi 17 juillet 2008

Lotus en fleur sur le Lac de l'Ouest

J'ai profité du précédent quatorze juillet pour commencer à solder mes jours de congés (histoire de ne pas tous les employer au mois de janvier dans la rudesse de l'hiver pékinois). Au vu du temps particulièrement maussade en ce moment dans la capitale du Nord (comme peuvent en témoigner les malheureux qui y ont passé quelques jours ces derniers temps), je me suis donc dirigé vers le Sud, retrouver du monde du côté de Hangzhou.



En effet, la fin juin et le début juillet sont la saison de la floraison des lotus, fleur emblématique de l'Orient. De plus, lorsque le temps est chaud et humide, comme en cette saison, leur parfum envoûtant envahit l'atmosphère.

Je vous laisse apprécier les photos...

Fleurs, Coeurs et Boutons


Dans toute sa splendeur

Un autre type de lotus

Pavillon entouré de Lotus

Pour la petite histoire, le lotus est le symbole de la pureté en Chine (ainsi qu'en Inde). C'est également un important symbole bouddhique. La fleur elle-même ne dure que quelques jours. Très vite, il n'en reste plus que le coeur qui, séché, est vendu sur les marchés.

jeudi 10 juillet 2008

Maître Li et Boeuf Numéro 10

Puisqu'Aiko en parle, j'en profite chaudement pour recommander, si vous parvenez à les trouver, les aventures de Maître Li et Boeuf Numéro 10. (en passant, j'en profite pour ajouter un petit lien vers la critique que j'avais écrit voilà des lustres pour Elbakin). Les ouvrages ne sont pas évidents à trouver mais Xavier, libraire de Scylla, en a toujours quelques exemplaires en réserve (c'est d'ailleurs lui qui me les avait fait découvrir).

Pour la petite histoire, 'Légende de la Pierre', en anglais 'Story of the Stone', est l'un des noms sous lequel est connu 'Le rêve dans le pavillon rouge', considéré comme la quintessence du roman chinois.
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mercredi 9 juillet 2008

Introduction à l'histoire chinoise - Troisième partie: du triomphe mongol à la déchéance mandchoue

Le temps est venu de terminer cette petite introduction à l'histoire chinoise. Pour ceux qui auraient manqué le début, les deux premières parties sont disponibles ici:
Première partie: de l'âge de bronze à la dynastie Sui
Seconde partie: de l'avènement des Sui à la chute des Song

Comme l'annonce le titre, les six cents dernières années de l'Histoire chinoise ont surtout été dominées par des pouvoirs non-Han. Ce sera aussi l'avènement de Pékin comme centre politique de l'Empire, alors même que cette cité n'aura eu qu'une importance très limitée dans le passé.

- En 1279, les Mongols ont donc définitivement annihilé les Song. Leur Khan est Kublai Khan, parfois appelé Khubilai. Assimilant quelques us chinois, il crée sa propre dynastie, les Yuan. Il fait construire une nouvelle capitale à Beijing. Il conquiert par la suite Canton, le Tibet et le Yunnan, mais les tentatives de conquête du Vietnam, de la Birmanie ou du Japon échouent. L'ancienne bureaucratie est conservée, mais le système d'examens nationaux est supprimés et les Han sont tenus loin du pouvoir (à l'exception paradoxales des zones dans lesquels les autres ethnies sont majoritaires).

Le règne mongol fut assez court. Le ressentiment chinois se manifesta par une série de révoltes, qui se termina par l'avènement d'une nouvelle dynastie, les Ming, fondée par un paysan et moine bouddhiste défroqué, Zhu Yuanzhang, en 1368.

L'apport des Yuan à l'histoire chinoise est assez paradoxal. Ils détruisirent une grande partie des bâtiments, temples et palais classiques, si bien qu'il ne reste guère de vestiges antérieurs à leur dynastie. Dans le même temps, c'est aussi la période durant laquelle l'Empire fut le plus étendue, de la Sibérie à l'Indochine, de la Corée à l'Afghanistan. De plus, la Route de la Soie, fermée à la fin des Tang, fut rouverte à cette époque.


- 1368 marque donc le début de la dynastie des Ming. Zhu Yuanzhang, connu par la suite sous le nom de Hongwu. La capitale est transportée à Nanjing.
C'est le début d'une période de grands travaux, notamment la construction du mur de Nanjing, et surtout la restauration de la Grande Muraille, tombée en ruine après 1500 ans.

Fortifications de Nanjing

A la mort de Hongwu, une guerre de succession va donner le pouvoir à l'un de ses fils, Yongle. C'est lui qui transfèrera de nouveau la capitale de Nanjing à Beijing, et fera construire la Cité Interdite. L'histoire se répète quelque peu, puisque, au XXème siècle, la capitale de la Première République sera d'abord Nanjing avant d'être déplacée à Beijing.

La Grande Muraille

La plupart des traditions chinoises sont restaurées, notamment les examens nationaux. Après Hongwu et Yongle, le pouvoir sera principalement entre les mains du gouvernement, l'Empereur ayant pour rôle principal de choisir un bon premier ministre. Cette situation atteint son paroxysme durant le règne de l'Empereur Wanli: le gouvernement ayant refusé son fils préféré comme successeur, cet empereur s'est enfermé pendant vingt ans dans la Cité Interdite, refusant de signer le moindre document. Cela n'a pas empêché l'Empire lui-même de continuer à prospérer.

Intérieur du tombeau de Wanli

D'un point de vue technologique, cette époque est également celle d'un grand conservatisme: c'est à partir de ce moment-là que la Chine, alors beaucoup plus avancée que les autres civilisations, commencent à accuser du retard par rapport à l'Europe.

Cette époque fut également celle de l'invasion japonaise, commandée par Hideyoshi. La majeure partie des combats aura lieu en Corée, souvent considérée par ces deux puissances comme un terrain de jeu de prédilection. L'histoire se répète...

La fin de la dynastie Ming fut aussi marquée par la puissance sans précédent des eunuques.

Durant cette période, les Mandchous, qui ont assimilés les Mongols, constituent la principale menace pour l'Empire. C'est d'ailleurs en partie pour cela que Yongle transfère la capitale à Beijing. A la suite de révoltes paysannes et de la rébellion d'un général, les Mandchous finiront donc par prendre le pouvoir et s'installer en tant que dynastie Qing en 1644.


- Les Qing contrôlent rapidement l'ensemble de l'Empire. Un petit groupe de fidèles de la dynastie Ming s'enfuira vers Taiwan (il me semble avoir déjà dit que l'histoire se répétait...) mais sera par la suite vaincu.

La capitale reste à Beijing, et la Cité Interdite reste le centre du pouvoir. Le pouvoir reste néanmoins entre les mains des Mandchous, et les Han ne peuvent accéder aux plus hauts postes. Par ailleurs, le costume Qing (avec la fameuse natte) est rendu obligatoire.

La Cité Interdite, centre du pouvoir Ming et Qing

Le gouvernement est nettement plus contrôlé que sous les Ming, ce qui se révèlera à double tranchant: sous les empereurs les plus puissants, l'Empire sera mieux dirigé. A l'inverse, un empereur faible signifiera un affaiblissement beaucoup plus conséquent. Kangxi et son petit-fils Qianlong contribueront à l'affermissement du pouvoir, ainsi qu'au développement des arts. C'est aussi à cette époque que le christianisme s'installe en Chine, notamment sous l'influence de jésuites tels que Matteo Ricci (c'est également l'époque de Xu Guangqi)

Le XIXème siècle marque le déclin des Qing et de l'Empire. De nombreuses révoltes (Lotus Blancs, Royaume du Ciel) mettent en déroute l'armée. Les nations occidentales, à la faveur de victoires militaires, notamment durant la guerre de l'opium, gagnent des concessions dans le pays (à Shanghai et Qingdao notamment), voire des territoires (Hong-Kong, Macao), notamment en raison du retard technologique.

Jardins de Chengde, résidence de chasse des Empereurs Qing

Les dernières années de l'Empire portent notamment le sceau de Cixi. Concubine de cinquième rang, puis impératrice douairière, gloutonne et machiavélique, elle permit néanmoins à l'Empire de perdurer, jouant à merveille avec les différentes factions réformatrices et conservatrices de la cour.

Le gouvernement est néanmoins tellement faible dans ses derniers jours qu'une révolte mineure, menée par Sun Yat Sen en 1911, marquera la fin de l'Histoire Ancienne et le début de la Première République.

vendredi 4 juillet 2008

Né un 4 juillet

Le titre de ce billet n'a rien à voir avec la déclaration d'indépendance. Voilà un an tout juste que j'ai débarqué en Chine. Tout est passé bien vite, et les souvenirs de mon arrivée, trempée et émerveillé sur Nanjing Road, cherchant mon hôtel, commencent à s'effacer. Heureusement que ce blog me permet de me souvenir de tout cela.

Un an déjà. Le temps de connaître mes premiers typhons, tremblement de terre (de très loin), d'arpenter les montagnes chinoises (de mauvaises langues ajouteront les demoiseles - je ne ferai aucun commentaire), de mithridatiser mon estomac contre toutes sortes de nourriture étrange, d'apprendre à indiquer mon chemin dans divers dialectes chinois (le langage des signes restant tout de même le plus efficace), de me plonger dans l'histoire chinoise (l'article à ce sujet est d'ailleurs bientôt terminé). Autant dire que je me sens un brin nostalgique.

Je suis encore là au moins jusqu'en février prochain: le temps de découvrir la Chine du Nord, Xi'An, Qingdao, QuFu, et proablement de revenir vers Hangzhou, apprécier la sérénité du Lac de l'Ouest.

Je m'amuse parfois à jeter un coup d'oeil sur les statistiques de ce blog. Vous ne le croiriez pas, mais il y a tout de même beaucoup de gens qui y arrivent via Google. Si la plupart des requêtes semblent parfaitement raisonnable (des gens qui cherchent des magasins de souvenirs à Xitang ou des bars à Dali, sans oublier les informations sur le tremblement de terre), je reste tout de même assez épaté par certaines autres:
  • "homme devenu femme" photos: visiblement attiré par mes photos de Boddhitsava à Nanjing
  • "photos de mon quartier": le malheureux qui est tombé sur Wangjing n'a pas dû trouver exactement ce qu'il cherchait
  • competition de pastis a boire: pas exactement le sujet le plus fréquent sur un blog chinois... Merci mes chers amis de ne pas faire de commentaires à ce sujet :p
  • histoire fiscalité chinois: il y a des sujets qui me dépassent
  • karaoke chine bordel: Dave, on t'a reconnu
  • karaoke de la chanson je m appelle helene: Mikee, on t'a reconnu aussi
  • oktoberfest in nanjing: encore des clients pour le Paulaner
  • "photos de la journée grand siècle au chateau vaux le vicomte le 15 juion2008": Là je continue à me demander par quel miracle cette requête a pu renvoyer ici.
  • retour de week-end au bureau ambiance triste: faut pas chercher à se déprimer comme ça
Intéressant, n'est-ce pas?

lundi 30 juin 2008

Retour de vacance - Excursion à Chengde et sur la Grande Muraille

Ca y est, après quelques longs jours d'absence, me voilà de retour au clavier. Autant dire que ces derniers jours ont été riches en expérience.

Tout d'abord, un grand classique: l'avion chinois. Autant dire qu'avec des personnes arrivant de Shenzhen, de Shanghai et de Lijiang le même jour, on pouvait imaginer tous les scénarios possibles. On les a eus:
- l'avion qui arrive presque à l'heure, mais pas dans le bon aéroport (pour sa gouverne, il partait de Shenzhen, qui expérimentait le début de la saison des typhons).
- l'avion qui part un jour plus tard (pour sa gouverne, le président chinois visitait l'aéroport de Beijing, ce qui a permis à tous les avions prévus pour la soirée d'être décalé au lendemain... sans pour autant prévenir les passagers du problème, ni surtout les empêcher de passer six heures dans l'avion sur le tarmac)
- l'avion qui arrive à l'heure. Nos analystes continuent à se pencher sur ce phénomène inexplicable.

Une fois la horde reconstituée, nous nous sommes attelés à la visite de Pékin et des environs. Tout y est passé ou presque, avec des succès divers: la visite de Beihai, avec Marion s'essayant à la calligraphie sur sol, la découverte de la Cité Interdite, celle du Palais d'été, etc.

Calligraphie à Beihai

Nous sommes aussi partis en excursion pour la Grande Muraille, entre Simatai et Jinshanling: presque quatre heures de marche au milieu de paysages magnifiques, presque sans touriste: un vrai bonheur.

De l'art de ne pas savoir cadrer une photo...

La Grande Muraille s'enfonçant dans le brouillard

La grande aventure fut néanmoins le départ pour Chengde, en Mandchourie. Cette ville est surtout réputée pour héberger la résidence d'été des Empereurs Qing, et son parc est parfois considéré comme l'un des plus beaux de Chine.
Y arriver depuis la Grande Muraille fut d'abord l'objet d'intenses tractations, mal parties puisqu'il n'y avait qu'un seul minibus pouvant nous y emmener... le marchandage ne nous fut guère favorable.
Nous avons aussi eu la joie de connaître l'un des pires hotels de Chengde (premier nommé dans le routard, j'ai nommé l'Hotel Saibe. Autant le dire, on aura tout eu: l'hôtelier qui raconte au téléphone qu'il y a plein de place, pour découvrir que dortoir et chambres sont remplis, les lits supplémentaires qui existent à l'accueil mais disparaissent une fois arrivé dans la chambre, et cerise sur le gâteau, la réceptionniste qui veut garder la caution à cause d'une serviette sale. Un grand moment, avouons-le.
Cela ne nous a pas empêcher par contre de déguster du cerf, spécialité locale (nous sommes dans une zone de chasse historique)...

Dîner à Chengde: poisson et gibier

La résidence d'été et le parc impérial se sont révélés singulièrement décevants: beaux, certes, mais loin d'égaler par exemple celui de Beijing. Cela ne nous a tout de même pas empêcher de profiter de ce ravissant paysage de lacs et de pagodes.

Une des vues classiques du Parc Impérial

Le retour de Chengde lui-même a tenu du gag, tant nous avons accumulé les imprévus qui font le charme du voyage en bus:
- la guichetière de la gare ferroviaire qui nous raconte qu'il n'y a plus de places assises. Il fallait comprendre 'plus de place assise en seconde classe'. Les valeureux qui sont restés pour tenter l'expérience des quatres heures de train debout ont eu la chance de goûter le confort et la ponctualité d'un siège en première classe (à l'inverse de l'avion et du bus, le train chinois est un parangon de ponctualité). Les autres ont pris le bus.
- le changement de bus après vingt minutes, visiblement pour cause de panne
- l'arrêt en plein milieu du trajet, avec réparation improvisée, visiblement pour cause de panne
- les camions et bus faisant demi-tour sur la voie...
- le contrôle de police lors du changement de province: pratique alors que mon passeport était encore entre les mains du gouvernement pour visa
- les bouchons interminables, assortis de bouffées de frustration lorsque nous croisions la voie express absolument déserte...
- les dépassements dans les montées, et les virages, à grands coups de klaxon
- les commentaires goguenards des cheminôts, partis après nous, arrivés avant et ayant pu profiter du train...

Tout s'est néanmoins bien terminé, et la horde s'en est retournée chez elle visiblement heureuse... (en-dehors des irréductibles qui, plutôt que la France, se sont précipités vers la Mongolie)