dimanche 3 octobre 2010

Dunhuang, Cité des Sables

  Le début du voyage au Gansu représenta beaucoup de transports. Tout d'abord l'avion de Pékin à Lanzhou, la capitale provinciale. De jour, l'arrivée est impressionnante: collines arides à pertesde vue, sur lesquelles ondulent quelques routes balayées par le sable et la poussière. Tout est éclatant sous le soleil, et sec à n'en plus finir. L'heure de bus entre l'aéroport et la ville elle-même n'est qu'une successions de reliefs de sable et de grès, où s'érigent ça et là quelques bâtiments en constructions.

  Lanzhou même est semblable à toutes les villes chinoises: en plein boom immobilier, avec gratte-ciels ultramodernes cotoyant les masures non rénovées depuis cinquante ans. L'air dessèche encore plus rapidement la peau qu'à Pékin. Après un frugal repas de nouilles locales, direction le musée provincial qui abrite les pièces retrouvées le long de la plupart des sites archéologiques.

Ancien entrepot ravitaillant les soldats de la Grande Muraille
  6 heures du soir, départ du train pour Dunhuang, la cité qui m'intéresse le plus pour ce voyage. 14 heures de trajet en perspective, j'ai néanmoins la chance de ne pas avoir de voisin trop bruyant. Livres d'histoire et DS me tiennent compagnie pour une partie de la nuit.
  L'arrivée à Dunhuang est surprenante. Si vous vous êtes déjà arrêtés en TGV à Avignon ou au Creuzot, dans une de ces gares ultra-modernes perdues au milieu de la campagne, vous aurez une idée de mon étonnement: la gare a juste fini d'être construite, chatoyante en diable... et perdue au milieu du désert. Une horde de taxis attend les touristes et les familles, et le chauffeur du mien comprend suffisamment le mandarin pour s'occuper de mes transports pour les jours qui viennent.
  Dunhuang est une cité qui fut construite au 2ème siècle de notre ère, après la victoire de Han Wudi contre les Xiongnu, peuple d'Asie Centrale qui harcelait l'Empire depuis longtemps. Située au bord de l'oasis dite "du croissant de lune", elle s'imposa rapidement comme une étape indispensable sur la route de la soie.

  La ville a certes perdu de son important maintenant, mais elle reste un site touristique très intéressant - avec tout les bons et mauvais côtés que cela implique. On peut notamment faire un tour en chameau vers l'Oasis du Croissant de Lune, spectacle magnifique.

Chameaux dans les dunes de Dunhuang
  Plus au sud, les caves de Mogao sont un haut lieu de la sculpture bouddhiste, et on y trouve l'un des plus grands Bouddhas du monde (second en taille après celui de Leshan). De nombreux manuscrits bouddhistes y furent également découverts au début du XXème, dont beaucoup particulièrement bien conservés.

  A l'Ouest de Dunhuang s'élèvent les portions les plus occidentales de la première Grande Muraille. Il ne reste maintenant plus que quelques murs épars dans le désert, témoignage de l'existence des soldats qui montaient la garde au milieu de nulle part il y a deux millénaires.

Yumenguan
   On trouve encore ici et là des bâtiments ayant mieux survécu à l'usure du temps. Ce bloc de terre et de pierre au milieu du désert se nomme Yumenguan - 玉门关 - la passe de la porte de jade. Il y a des siècles de cela, elle faisait partie intégrante de la Grande Muraille, et était de fait le point d'entrée des marchands dans l'Empire Chinois. 

Ancienne tour de garde
  Enfin, à l'extrême-Ouest de Gansu se trouve la Cité Fantôme. Située à l'emplacement d'un ancien lac (aux temps géologiques), les concrétions rocheuses y ont des formes si étranges que bons nombres de légendes ont couru sur leur origine. C'est désormais l'un des lieux favoris des réalisateurs chinois.

Rocs de la cité fantôme
  La nuit tombe tard à Dunhuang - la Chine n'a qu'un seul fuseau horaire, et la ville est située très à l'ouest - le soleil se couche vers 9 heures du soir au printemps, et les habitants restent  nettement plus tard dans les rues que dans d'autres régions de Chine. Les brochettes dans les rues sont bien entendu au programme, tout comme le marché de nuit proposant artisanat local, fruits secs et ouvrages sur l'histoire des environs...

mercredi 29 septembre 2010

Congés des fêtes de la Lune et Nationale

L'approche des jours de congés officiels est souvent source de complication en Chine. Les gouvernements locaux ou centraux veulent en général pousser les gens à faire du tourisme et à consommer. A cette fin, ils s'arrangent pour que chaque employé puisse avoir plusieurs jours de congés à la suite pour visiter tel ou tel ville ou région qui a misé toute son économie sur le tourisme.

En France, nous utilisons la méthode bien connue des ponts: si le jour de congé tombe un mardi ou un jeudi, on ferme les entreprises et les administrations un jour de plus. En Chine, hors de question de baisser la production et autre, et les ponts sont créés en faisant travailler tout le monde le week-end précédent ou suivant. Ca ne se passe en général pas trop mal.

Cette année par contre, la fête de la Lune tombant un mercredi, la plannification des vacances fut des plus hasardeuses. Le résultat est en général assez difficile à comprendre pour le pékin moyen (ça fait deux ans que j'attendais de la sortir celle-là), et la plupart de mes collègues français continuent à se demander quand nous travaillons et quand nous nous reposons.

Voilà pourquoi bon nombre de calendriers plus ou moins débiles ont fleuri sur la toile chinoise expliquant tout ça... (oui, il y a deux dimanches travaillés, deux samedi travaillés, mais ça permet d'avoir 3 jours de vacance pour la fête de la Lune et 7 pour la fête nationale).

Par exemple:



Ou encore, subtilité oblige (mais même pas complètement exact, nous avons quand même eu un jour de repos le 18):




PS: ce billet a été inspiré de chinasmack.

dimanche 26 septembre 2010

Gansu, le long de la route de la soie...

  Située au nord-ouest de la Chine, juste à côté du Xinjiang, le Gansu fait partie de ces provinces fort peu connues des laowais. Aride, peuplée de montagnes au sud et recouverte par le désert de Gobi au nord-ouest, cette région fut longtemps la frontière occidentale de la Chine. Le corridor du Hexi, en son centre, était l’une des étapes majeures de la route de la soie : les derniers kilomètres pour les marchands européens, levantins ou perses qui se rendaient jusqu’à Xi’an pour commercer avec l’Empire du Milieu.
Caves de Mogao
  Le centre du Gansu fit partie très tôt de l’Empire, et on y retrouve notamment les restes de la première grande muraille, dont cette partie fut construite sous les Han. Perdu au milieu des dunes, on peut encore observer ça et là quelques murs de terre tassée ayant traversés les siècles.

Vestige de la grande muraille des Han - le mur s'élève à deux mètres
  De par sa position, entourée du Xinjiang ouighour à l’ouest, de la Mongolie Intérieure et du Ningxia au nord, du Qinghai tibétain au sud-ouest, ainsi que des provinces Hans du Sichuan ou du Shaanxi, le Gansu est une étrange mosaïque de culture. On y voit aussi bien mosquées (dont l’architecture est principalement arabe, au contraire de ce qu’on peut trouver à Xi’An) et temples classiques que caves bouddhistes d’inspiration tibétaine - le Gansu fit longtemps partie de l’Empire Tibétain, du déclin des Tang jusqu’à l’invasion mongole. Les pagodes s’élèvent parfois des oasis du désert de Gobi, tandis que se multiplient les sites de fouille archéologique, exhumant autant d’artefacts témoignages du commerce florissant jadis.

Oasis du Croissant de Lune
  Je m'intéresse depuis longtemps à l'histoire de la Route de la Soie, aux récits de voyageurs et aux traités d'érudits parlant des périples de Xi'An à Istambul, aux étapes mythiques sur cette route, aux noms enchanteurs que sont Kashgar ou Samarcande. Je me suis donc rendu dans cette région en avril dernier, durant le festival de Qingming (l'équivalent chinois de la toussaint), de Lanzhou à Dunhuang en passant par Jiayuguan et en m'enfonçant dans le désert de Gobi, le long de ces étapes mythiques.

Le Manu devant Yumenguan, ancien passage obligé sur la Route de la Soie
  Du point de vue gastronomique, le Gansu est à l’image de son statut de carrefour des cultures : il n’existe pas de cuisine du Gansu proprement dite, à l’exception des 兰州拉面 (Nouilles de Lanzhou, un grand bol de soupe contenant nouilles et tranches de bœuf, coûtant 3 kuai dans la plupart des restaurants, et souvent suffisant comme déjeuner). On trouve donc surtout bon nombres de plats des provinces voisines : agneau grillé du Xinjiang, plats épicés d’inspiration sichuanaise, etc. 

Forteresse de Jiayuguan, sur la grande muraille Ming
  La plus grande surprise pour moi fut la découverte de tout un assortiment de vins produits dans les environs (Ningxia, Qinghai et Xinjiang) dont je n’avais jamais entendu parler depuis mon arrivée en Chine : vin de glace (similaire au vin jaune du Jura), vins doux à base de baies, etc – à mon retour à Pékin, je me suis d’ailleurs rendu compte que la plupart des Chinois et des expatriés n’avaient jamais non plus entendu parler de ces breuvages.

samedi 25 septembre 2010

Taishan, le pic de l'Est

  Taishan (ou 泰山 pour les sinophiles) est l’une des cinq montagnes sacrées chinoises. Située au sud-est du Shandong, elle est considérée comme la plus importante des cinq, car située à l’Est et symbolisant l’aurore et le renouveau. 


Temples du Taishan
  Dans la tradition chinoise, l’Empereur est censé avoir reçu un mandat du ciel pour diriger l’Empire. Il est donc tenu de rendre compte aux Dieux de son action. Cette tradition fut instituée par le premier empereur, Qin Shi Huang. Elle ne fut suivie que par cinq empereurs par la suite.
Deux raisons à cela. D’une part, le pèlerinage jusqu’au Taishan est un voyage éprouvant – un millier de kilomètres jusqu’à Xi’an, sans oublier l’ascension périlleuse. D’autre part rares furent les empereurs ayant la conviction (ou l’arrogance) de s’être correctement acquitté de leur tâche.
  Pour les personnes intéressées, qui voudraient se replonger un peu dans l'histoire chinoise, les empereurs en question furent:
  • Han Wudi, qui fut l'un des grands artisans de l'expansion chinoise, et repoussa sans cesse les raids des nomades d'Asie Centrale
  • Han Guangwudi, brillant stratège qui reconstruisit l'Empire après la chute des Han de l'Ouest
  • Tang Gaozong, l'époux de Wu Zhetian (qui s'y rendit d'ailleurs avec son épouse)
  • Tang Xuanzong, qui conduisit l'Empire à son apogée, mais fut aussi responsable de son déclin en donnant trop de pouvoir aux gouverneurs militaires
  • Song Zhenzong, qui consolida le pouvoir de l'Empire après des siècles de guerre civile, mais signa également les traités qui conduisirent à la soumission progressive de l'Empire aux Khitans

Tablette impériale
  La montagne elle-même culmine à plus de 1500 mètres, au pic de l’Empereur de Jade. Il s’agit néanmoins de la seule montagne dans une région de plaine et de petites collines, ce qui la rend impressionnante dans le paysage. Au pied de la montagne se trouve un temple, comprenant notamment le Palais du Don du Ciel, l’un des trois bâtiments majeurs de l’architecture chinoise. Nombreux sont les pèlerins ou simples touristes qui s’y rendent encore aujourd’hui pour y brûler les premiers bâtons d’encens du trajet. Tous les empereurs ayant eu le courage de monter en haut du Taishan ont eu à cœur par la suite d’y imposer leur marque, par des tablettes sur lesquels étaient relatés leurs hauts faits.
 

Palais du Don du Ciel
L’ascension elle-même est spectaculaire et éprouvante. Des kilomètres d’escaliers, parfois au bord du vide, ponctués d’oratoires devant lesquels prient les pèlerins. Petit détail coquin : il est interdit de transporter briquets ou allumettes, soit disant pour protéger la forêt et empêcher les incendies. Les bâtonnets d’encens sont donc allumés par le personnel touristique…moyennant finance à chaque arrêt.

Inscriptions à flanc de montagne
  Arrivé au sommet, bon nombre de temples et de restaurants attendent le voyageur fourbu, qui peut apprécier enfin la vue sur l’ensemble de la région. 

Vue du sommet
  L’hébergement au sommet est des plus spartiates généralement. Je me suis retrouvé par un étrange concours de circonstance à dormir dans un des camps de l’armée de l’air, au sommet de la montagne. Une nuit d’hiver au sommet d’une montagne après une longue ascension, sans chauffage ni eau courante est une expérience éprouvante.

J'ai bien dit, base de l'armée de l'air...
  Le petit matin est l’occasion d’assister au lever du soleil du haut du pic de l’Est. Expérience quelque peu dangereuse, puisqu’il faut affronter de nouveaux les marches couvertes de givre et le vent parfois violent. Mais la vue compense bien toutes ces péripéties.

Lever de soleil depuis le Pic de l'Empereur de Jade
  Quelques petites informations pratiques pour les téméraires qui voudraient tenter l’expérience et se retrouverait sur cette page via Google ;) Il existe des trains directs depuis Shanghai et Pékin (les trains rapides type D mettent 3 heures et demi pour le trajet depuis Pékin, 7 heures depuis Shanghai). La destination est Tai’an (泰安), ville située au pied du mont. Le bus numéro 3 vous amène au temple. Un bus relie l’entrée du temple et le mi-sommet. Un télécabine, particulièrement impressionnant, part de là jusqu’au sommet (utile notamment pour éviter de redescendre par les escaliers). Comme souvent en Chine, l’accès à la montagne est payant, de l’ordre de 140 yuans en haute saison et 120 en basse saison (de début janvier à mi-février… très courte basse saison).

  Et pour ceux qui se posaient la question, les cinq montagnes sacrées chinoises n’ont rien à voir avec les Cinq Pics sur lesquels veille le vieux maître et où Shiryu remporte l’armure du dragon. La montagne en question existe réellement, mais se nomme Lu Shan (庐山) et se trouve dans le Jiangxi à mille kilomètres au sud (et pour plus d’information, c’est par là : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lu_Shan)

mardi 13 juillet 2010

Ch'tite mise à jour

  Juste un petit billet en passant pour dire que je pars demain pour les Carpates (enfin, la frontière). Je vais passer un mois à Timisoara (Roumanie) pour le boulot, avec à la clé quelques petites balades je l'espère vers Sighisoara (la ville natale de Vlad Tepes), et Constanta (sur la Mer Noire).

lundi 3 mai 2010

Qufu, berceau du confucianisme

  Après un long silence (mais mes lecteurs commencent à en avoir l’habitude), voici la suite de mes pérégrinations dans le Shandong.

  Située au sud-ouest de la province, Qufu est le genre de ville dont l’importance politique et économique actuelle est presque nulle, mais qui influença profondément la Chine il y a bien des siècles de cela.

  C’est en effet la cité où vécut Confucius, l’un des penseurs fondamentaux de la Chine ancienne, dont l’influence se fit sentir des millénaires durant. La ville elle-même fut un témoin de la faveur qu’accordaient les puissants au confucianisme au cours des siècles : souvent splendide, parfois tombée en désuétude.

Portes de la ville conduisant au Temple
  Signe des temps : il n’y a pas de véritable gare à Qufu, et l’arrêt de bus réservé semble désert, en pleine campagne. A peine un ou deux taxi en attente des touristes qui pourraient explorer la vieille ville.

  La ville elle-même est encore entourée de remparts – encore étant un bien grand mot, les murs originels ont été détruits il y a trente ans de ça pour les besoins du développement, et reconstruits pour ceux du tourisme (merci le guide bleu pour l’info). Organisée autour du temple de Confucius et de la demeure de sa famille, elle dégage un parfum antique qui tranche avec les excursions précédentes. 

Remparts de Qufu
  L'amateur éclairé ou le voyageur de passage peuvent se plonger dans les délices des anciens temples. L'une des particularité de Qudu est d'être le seul endroit où soit dressé une statue de Confucius en son temple. S'il existe en effet quelques autres temples dédiés au Maître dans le reste de la Chine (les Pékinois connaissent par exemple celui qui se dresse au milieu des hutongs, à mi-chemin entre le temple des Lamas et la salle des examens nationaux), les empereurs ont toujours interdit l'érection d'autres statues, afin d'éviter le développement trop important d'un culte qui pourrait nuire à leur légitimité.

Entrée du Temple de Confucius
    Deux parties du temples valent le coup d'oeil. D'une part, les fameuses colonnes sculptées de dragons présentes dans la cour centrale. Le travail est d'une rare précision, et ces colonnes étaient en général recouvertes de bâches ou de couvertures lors de la venue des plus hauts dignitaires, afin de ne pas laisser transparaître la richesse du culte - Fouquet aurait pu en prendre de la graine.

Détail des colonnes du temple
  Par ailleurs, la Salle de la Grande Clarté est l'un des trois temples de plus haut rang dans la Chine antique, au côté du Palais de l'Harmonie Suprême dans la cité interdite et du Temple du Don du Ciel au pied du Pic de l'Est.

Salle de la Grande Clarté
  La demeure de la famille du Grand Sage peut également être visitée. Son état témoigne des turpitudes des âges - en partie délabrée, témoignage de l'abandon du confucianisme durant le XXème siècle; en partie refaite, car les branches de la famille sont loin d'être démunies, et le développement intense du tourisme en Chine pousse les gouvernements provinciaux à rénover ou reconstruire complètement le patrimoine historique.

Portes réservées aux officiels
  On trouve notamment des panneaux indiquant les privilèges qui furent attribués à la maisonnée de Confucius par les différents empereurs. Une porte particulière, au milieu de la cour centrale, n'était ouverte qu'aux visiteurs de rang les plus élevés.

Privilèges



vendredi 26 février 2010

Jinan

  Après la petite journée passée dans les rues de Qingdao (et la nuit un peu passée dans les bars... on ne se refait pas, même si la vie nocturne restait calme, Nouvel An oblige), direction Jinan.

L'une des 72 fameuses sources de Jinan
  A priori, aucun Européen (à l'exception sans doute de ma mère qui s'est précipitée sur son guide bleu lorsque je lui ai parlé de mes projets de voyage) n'a jamais entendu parler de cette cité. Capitale du Shandong, c'est l'une des plus anciennes cités de Chine - les fouilles ont permis de découvrir non loin de là des poteries et outils remontant à 4000 ans... le musée dans lequel on peut les admirer était malheureusement fermé, Nouvel An oblige (je me répète là, non?)

Porte vers le Jardin aux Dix Mille Bambous
  Ce fut pendant longtemps un centre culturel important: capitale à l'époque des Royaumes Combattants, centre bouddhique lors de l'introduction de celui-ci en Chine, patrie de bien des poètes sous les Song... puis déclin lors de l'invasion mongole. La ville ne regagna quelque importance qu'au XIXème siècle, en tant que centre de commerce relié à Qingdao par l'une des premières voies ferrées chinoises.

Li Qingzhao, une fameuse poète Song originaire de Jinan
  Située non loin du Fleuve Jaune (selon la période... le fleuve jaune est connu pour changer fréquemment de cours au fil des ans, et il est arrivé que des villes entières soient submergées par ses crues violentes et ses changements de lit capricieux), c'est aussi une cité fameuse pour ses nombreuses sources. Comme le disait un romancier de l'époque Qing: "Là, chaque famille a sa source, chaque foyer a son saule". Plusieurs parcs sont bâtis autour des différentes sources, que ce soit le parc Baotu (intraduisible), le jardin aux Dix Mille Bambous ou la Fontaine des Cinq Dragons.

Pagode surplombant le Lac de la Grande Clarté
  Jinan est également connue pour le lac de la Grande clarté (Daming hu) - non qu'il soit particulièrement différent des autres lacs chinois - mais l'un des personnages d'une série télé à grand succès d'il y a dix ans se faisait régulièrement passer pour "La princesse de Daminghu" - c'est en tout cas suffisant pour que mes collègues et néanmoins amis chinois rigolent lorsque je leur parle de mon exploration dudit lac.

Parc Baotu
  Petite précision: vous pouvez voir ça et là sur les photos de curieux assemblages, pas particulièrement esthétiques. Ce sont les préparatifs de la fête des Lanternes, qui aura lieu le 28 février (14 jours après le début du Nouvel An) et qui marquera la fin des festivités (et surtout des pétards sous mes fenêtres).

lundi 22 février 2010

Qingdao

  De retour après quelques jours de vacance dans le Shandong, me voilà à nouveau à l'ouvrage sur ce blog.


 
  Ma première journée de voyage fut consacrée à la visite de Qingdao. Principalement connue pour sa bière (la fameuse Tsingtao), Qingdao s'est principalement développée depuis la fin du XIXème siècle, lorsqu'elle est devenue une concession allemande. C'est d'ailleurs de cette époque que date la brasserie éponyme. (Avis aux amateurs: on peut la visiter, mais pas en hiver... comme j'en ai fait la malheureuse expérience). Après la première guerre mondiale et d'âpres négociations entre la Chine et les nations européennes, la concession fut rétrocédée.

Eglise Saint-Pierre, perchée sur l'une des dix collines
  Petite surprise aussi en arrivant à 7 heures du matin à l'auberge de jeunesse: une bière offerte pour chaque nuitée... voilà qui allait bien augurer de la suite.

Bâtisse coloniale
  La ville elle-même rappelle beaucoup Shanghai, sans le hype (peu de clubs branchés, peu d'étrangers; et habitants plus chaleureux) mais avec nettement plus de nature. Bâtie sur dix collines, on y trouve bien peu de vélos. Ville côtière, Qingdao peut aussi s'enorgueillir de jolies plages, où cohabitent pavillons traditionnels et buildings high-tech. C'est aussi dans les environs qu'eurent lieu les épreuves de régate des derniers JO.

Jetée au petit matin
  Beaucoup de bâtiments du temps des concessions sont encore en excellent état - grosse différence par rapport à Shanghai, dans laquelle les maisons coloniales ont été divisées en appartements qui tombent peu à peu en désuétude.

Demeure du gouverneur allemand

Plages...

mardi 16 février 2010

Résurrection...

La nouvelle année (du Tigre) venant juste de commencer, me voilà plein de bonnes résolutions.
Donc pour commencer, essayer de revitaliser un petit peu ce blog à l'abandon. A l'occasion, je parlerai de quelques-uns de mes voyages de l'an dernier (Cambodge, Xi'an, Luoyang). En l'occurence, cette année va commencer un peu mieux que la précédente avec un petit tour à visiter le Shandong (province à mi-chemin de Shanghai et de Pékin). Au programme:
- Qingdao, ancienne colonie allemande, et lieu de production de la fameuse Tsingtao
- Jinan, la cité où chaque foyer a sa source, chaque maison a son saule
- Qufu, la ville natale de Confucius
- Taishan, le pic de l'Est, le plus important des Cinq Pics Sacrés

De quoi bien s'amuser en perspective :)

dimanche 12 juillet 2009

Un petit peu de vie dans ce blog

  Allez, après un mois d'absence, il est temps de faire revivre ce blog.

  Une fois n'est pas coutume, l'inactivité de ce blog n'est pas due à ma légendaire fainéantise, mais plutôt à une reprise en main en bonne et due forme des médias par le gouvernement. Ce qui veut dire:
- gmail et google parfois bloqué (au nom de la lutte contre la pédo-pornographie... le genre de truc qui ne pourrait jamais arriver en occident, hein)
- facebook et twitter bloqués depuis une bonne semaine, histoire de limiter les témoignages sur "l'harmonisation" en cours dans l'ouest du pays
- les blogs complètement censurés
- etc, etc.

  Je ne m'attarderai pas sur le fameux Green Dam (barrage vert), fameux logiciel de protection contre la pornographie sur Internet (encore), qui mérite un billet à lui tout seul.

  Bref, tout ça pour dire qu'à force de devoir attendre le bon vouloir du Ministère de la Vérité (bref, l'officine en charge de la censure), j'ai fini par investir dans un VPN, histoire de ne risquer que les foudres de la censure américaine (pas trop farouche pour autant que je sache).

  Je devrais donc pouvoir vous tenir un petit peu plus au courant de ce qui se passe...

  Et en attendant voilà quelques petites photos du Cambodge (un mois déjà...)

Temple d'Angkor Vat



Demeure coloniale en ruine à Kep



Pêcheurs de l'île aux Lapins

mercredi 27 mai 2009

Nouvelles de Siam Reap

  Quelques petites nouvelles en passant pour ceux qui s'inquiéteraient...

  Je suis actuellement au Cambodge, plus précisément à Siam Reap, petite bourgade surtout célèbre pour sa proximité avec les temples d'Angkor.
  Il me faudra sans doute très longtemps pour publier toutes les photos que j'ai prises aujourd'hui, entre Angkor Vat, les 216 têtes de Banyon ou les ruines recouvertes d'une végétation luxuriante qui parsèment le site.
  La nourriture en vaut la peine, les filles aussi, la bière locale malheureusement beaucoup moins. Les paysages de rizières, parsemées ça et là de maisons sur pilotis ou de pagodes atypiques sont tout simplement superbes.

  Et il va tout de même être temps d'aller dîner... promis, je mets à jour ce blog à mon retour.

dimanche 10 mai 2009

Dans les collines parfumées

  Vendredi fut l'occasion (renouvelée) d'une journée de team building. (ceux qui ignorent tout de ces grandes activités peuvent toujours se reporter à ce billet ). Il s'agissait cette fois-ci d'explorer les collines parfumées.



  J'avoue ne pas avoir fait preuve d'un grand discernement, et d'avoir décidé de tenter l'aventure du bus à l'heure de pointe pour aller dans le nord-ouest de Pékin, sachant que j'habite au nord-est et qu'entre les deux se trouve la grande zone technologique de la cité, particulièrement sujette aux embouteillages.



 
  Autant dire que, deux heures et demi après mon départ, j'étais soulagé de descendre enfin d'un bus type bétaillère. Autant dire aussi que mes collègues ne m'avaient pas attendu.



  Bref, après quelques difficultés pour trouver l'entrée, j'ai finalement pu pénétrer dans ce havre de sérénité. J'ai passé la journée entre temples en ruine, cascades, pavillons et longs escaliers bordés d'érables. Le lieu est particulièrement courru des Pékinois à l'automne, quand les arbres y prennent des couleurs pourpres paraît-il magnifiques.


 
  L'après-midi fut particulièrement calme, consacré à la lecture au soleil dans ce cadre de rêve.


mercredi 15 avril 2009

Retour à Chengdu

  Il n'y a pas à dire, le Sichuan est vraiment une région agréable.
Ce week-end fut donc l'occasion de retrouver l'ami David et à profiter de la douce ville de Chengdu.
Autant le dire, nous ne fûmes pas particulièrement actifs durant ces deux jours.


Près du système d'irrigation de DuJiangYan
  Repos, piscine, massages et tasses de thé bues le long de la rivière constituèrent notre ordinaire.
J’ignore pourquoi (l’air humide, la placidité des habitants), mais nous ressentions un calme rare – ce qui explique sans doute également la réputation ‘paresseuse’ de la ville. A vrai dire, nous nous comportâmes presque comme des pandas : manger, un semblant d’effort, dormir, etc.

Dave qui a repris des couleurs
  Un (court) après-midi passé dans l’une des multiples maisons de thé du Parc du Peuple, entre pièces d’eau et arbres en fleurs résumait parfaitement notre état d’esprit : déguster et apprécier le moment présent – Epicure aurait sans doute aimé le Sichuan : plaisir simple et délicieux.

Parc du Peuple
  D’autant que les filles de Chengdu étaient encore plus mignonnes que dans mon souvenir…

vendredi 10 avril 2009

Fainéantise

  En attendant le week-end, je me sens d'humeur aussi travailleuse qu'un député UMP au moment de voter une loi sur le droit des producteurs à abuser des auteur, ou bien encore que ces ravissantes créatures en plein action:


  Et c'est avec plaisir que je vais les rejoindre ce soir :)

jeudi 9 avril 2009

Saison des voyages

  Après quelques mois occupés à renacler et ronger mon frein dans mon petit appartement de Wangjing, à passer mes week-ends sans quitter Pékin, il est temps que je me bouge le cul et recommence à explorer un peu la Chine.

  Ce week-end tout d'abord, petit voyage à Chengdu (oui, j'y suis déjà allé) pour voir l'ami David, si d'aventure il parvient à s'extirper des griffes de la banque mondiale. Ce sera sûrement l'occasion d'aller voir les systèmes d'irrigation plus anciens encore que nos aqueduc gallo-romains, et qui fonctionnent toujours.

  La semaine suivante, direction Hangzhou pour profiter des cerisiers en fleurs au bord du lac de l'Ouest.

  Le premier Mai ne sera sûrement pas la bonne période pour faire du tourisme en Chine (comme n'importe quelle période de congés ici), mais ce sera toujours une bonne occasion de découvrir les contrées alentour.

  Action Time :)